POINT PRÉVENTION N°3 – Le choix du VFI appartient à ceux qui les fournissent et qui les portent

Un chalutier de moins de 12 mètres, armé par trois hommes, est en pêche sur des fonds de 20 à 30 mètres, où le risque de « croche » n’est pas nul. Le patron est à la conduite du navire, les deux matelots, une main sur la fune l’autre sur le volant des freins de treuil, prêts à réagir à la moindre tension excessive sur les câbles. Les deux matelots portent par dessus leurs vêtements un VFI de type gilet à gonflement automatique de 150N. La pluie se met à tomber. Les deux matelots quittent leur poste pour décapeler leur V.F.I, enfiler une vareuse (accrochée sur l’arrière de la timonerie fort exiguë) et remettre leur V.F.I par dessus.
C’est à ce moment que l’engin de pêche « croche » le fond, provoquant la rupture à bâbord d’un des éléments du train de pêche puis le retournement du navire en quelques secondes et la chute à la mer des hommes se trouvant sur le pont . Un des matelots n’ayant pas fini de remettre son V.F.I ne pourra être réanimé par les secours.


“Toute ressemblance avec des faits réels ne serait que pure coïncidence”

QU’AURAIT-IL FALLU FAIRE (DANS L’ABSOLU) ?

Certes ne pas chaluter là où se trouvent les poissons à forte valeur ajoutée et équiper un vieux bateau d’un système de traction à largage automatique, plus cher que le navire, sont des mesures que nous pouvons et devons évoquer – On nous le reprocherait de ne pas le faire – mais sont-elles réalistes dans ce cas précis.
Ce patron-armateur a clairement identifié et évalué le risque de croche en fonction de ses zones de pêche. Face à ce risque, la mesure de prévention adoptée est claire : les matelots sont formés et entraînés à la détection d’une tension excessive et au largage rapide des câbles.

QU’AURAIT-IL FALLU FAIRE (DANS CE CAS PRÉCIS) ?

Ici la cause directe du chavirement est liée à l’absence très temporaire de leur poste par les deux matelots. Parmi les causes indirectes nous trouvons la pluie, contre laquelle on ne peut pas grand chose. Reste le choix du VFI. Sur le petit navire non couvert sur lequel l’équipage est exposé quotidiennement à la mer et aux intempéries, le patron souhaitait équiper ses hommes de boléros à flottabilité fixe par-dessus lesquels il est possible d’enfiler une vareuse en 10 secondes. Le réseau local de distribution des V.F.I ne proposant que des gilets à gonflement automatique et des «bruits de quai»(*) rapportant l’interdiction des V.F.I à flottabilité fixe (50 newtons), ont conduit l’armateur à acquérir des gilets à gonflement automatique.
La durée excessive de l’abandon de poste au treuil des matelots étant exclusivement liée au type de V.F.I – le gilet à gonflement devant être porté par-dessus le dernier vêtement ; en l’occurrence la vareuse lorsqu’il pleut – il est primordial, d’une part que les distributeurs locaux proposent toute la gamme de V.F.I, et d’autre part de rappeler que le choix des mesures de prévention qu’elles soient collectives ou individuelles est de la responsabilité pleine et entière de l’employeur.

(*) Dans « Guy Cotten, le soleil sous la pluie » – OLLIVIER C. – Éditions Ouest-France – 2011 – aux pages 180 et 181.

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