Les bottes de protection

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Malgré les mesures de prévention techniques et organisationnelles collectives (séparation des zones de circulation et de stockage, traitement anti-dérapant des ponts, rangement, nettoyage systématique des ponts de travail, consigne de ne pas courir…) prises par les armements, les risques de blessures aux pieds et de chutes à bord d’un navire de pêche demeurent trop importants pour ne pas s’entourer de quelques précautions avant d’investir dans une paire de bottes. Ce guide a pour objectif d’informer les marins- pêcheurs professionnels sur les critères importants à prendre en compte lors de l’acquisition de bottes de protection, de façon à limiter les risques d’accidents aux pieds et de chute suite à glissade.

NB : les informations contenues dans ce guide s’appliquent aux bottes, aux bottillons et aux cuissardes.

1. STATISTIQUES D’ACCIDENTS

En France, entre 2009 et 2013, 316 accidents du travail maritime (ATM) ayant occasionné une blessure aux pieds, ont été déclarés dans le secteur des pêches maritimes (source : Questionnaire sur les circonstance des accidents du travail maritime, IMP). Dans 78% des cas, l’ATM a généré un arrêt de travail. Les accidents surviennent majoritairement lorsque le navire est en opérations de pêche (42%) mais aussi lorsque le navire est à quai (39%).
Les activités les plus accidentogènes sont : la préparation et la manœuvre de l’engin de pêche (28%), le travail et la manutention des captures (21%) et l’embarquement / débarquement (16%). Les blessures aux pieds sont occasionnées principalement par des chocs et des coincements (28%). Les conséquences de l’accident aux pieds sont dans un cas sur trois une fracture/luxation (33%).

Face à des conséquences d’accidents relativement graves (fractures), le port de bottes de protection constitue un moyen de prévention adapté.

2. EPI – RAPPELS

2.1. Dans quelles situations faut-il y avoir recours ?

Dans une situation de travail exposant les marins à des glissades, des chutes d’objet, des écrasements ou des chocs aux pieds, l’employeur doit au préalable identifier et évaluer les risques.

Cette évaluation des risques permet de définir les mesures de prévention prioritaires afin de préserver la santé et la sécurité. Ces mesures, qu’elles soient matérielles ou organisationnelles, auront pour objectif principal d’éliminer ou de réduire les risques. Si des mesures de protection collective sont envisageables, elles seront mises en place en priorité par rapport aux équipements de protection individuelle (EPI).

Toutefois, si l’analyse des risques révèle que ces mesures sont insuffisantes ou impossibles à mettre en œuvre, l’employeur mettra à disposition du marin des bottes de protection.

2.2. Comment choisir ?

C’est l’employeur qui détermine, après consultation des équipages ou de leurs représentants, le type de protection le mieux adapté et les conditions de mise à disposition et d’utilisation. Il prend en compte la gravité du risque, la fréquence de l’exposition, les caractéristiques du poste de travail et les performances des EPI.

2.3. S’assurer de la conformité aux normes en vigueur

Un marquage de conformité permet de matérialiser la conformité de l’EPI aux règles techniques et aux procédures de certification imposées par la réglementation.

Marquage de conformité  » CE « 

Le marquage de conformité « CE » est apposé à proximité immédiate du nom du fabricant de manière distincte, lisible et indélébile sur chaque exemplaire d’EPI ou si cela n’est pas possible, compte tenu des caractéristiques de l’EPI, sur son emballage. Il est obligatoire pour tous les EPI quel que soit le pays dont ils proviennent. Outre le marquage CE, l’EPI comporte des marquages prévus par la ou les normes auxquelles il est conforme.

2.4. Maintenir les EPI en bon état

Outre l’obligation de ne mettre en service dans son entreprise que des EPI conformes à la réglementation, l’employeur a l’obligation de les maintenir en état de conformité.

2.5. Des obligations pour tous

Les EPI sont fournis gratuitement par l’employeur. Ils ne sont pas considérés comme des avantages en nature et sont réservés à un usage personnel.

Le marin, quant à lui, doit porter les bottes de protection aux moments et aux endroits identifiés comme dangereux. Il veille par ailleurs au bon état et à l’hygiène de son équipement.

2.6. Comment l’employeur assure-t-il l’information des salariés à l’utilisation des bottes de protection ?

Une information est organisée à l’initiative de l’employeur. Elle porte sur :

  • les risques contre lesquels l’EPI les protège,
  • les conditions d’utilisation des EPI, notamment les usages auxquels ils sont réservés,
  • les instructions ou consignes concernant les EPI et les conditions de mise à disposition.

3. MARQUAGES

Il est nécessaire de bien distinguer le marquage réglementaire CE, des marquages volontaires de conformité aux normes européennes.

Le marquage CE est un acte obligatoire de procédure par la directive EPI 89/686/CEE. Apposé par le fabricant ou le responsable de la mise sur le marché, ce marquage atteste la conformité de la botte de protection aux dispositions de la directive qui lui sont applicables.

Le marquage « normalisé » atteste la conformité à une norme, appliquée pour évaluer la conformité aux exigences essentielles de sécurité de la directive EPI. Ainsi, les bottes de protection doivent porter un marquage clair et indélébile, par exemple par impression ou par marquage à chaud comportant un certain nombre d’informations. Ci-dessous, un exemple de marquage d’une botte de protection conforme à la norme NF EN ISO 20345 « Équipement de protection individuelle. Chaussures de sécurité », 2004.

Exemple de marquage inscrit sur une botte de protection

Exemple de marquage inscrit sur une botte de protection

4. LES ÉLÉMENTS DE PROTECTION ET DE CONFORT

Eléments de protection et de confort possibles sur une botte de protection

4.1. Embout de protection

Fabriqués en acier ou en matière synthétique (plus léger et moins conducteur du froid), il protège les orteils contre les risques de chocs et d’écrasements suite à la chute d’un objet de hauteur (caisse de poisson par exemple). Ils peuvent être de deux types :

  • les embouts protégeant contre une énergie de choc de 200 joules (par ex : chute d’une masse de 20kg de 1m.La chaussure ou la botte est alors dite « de sécurité » et relève de la norme NF EN ISO 20345;
  • les embouts protégeant contre une énergie de choc de 100 joules (par ex : chute d’une masse de 10 kg de l m). La chaussure ou la botte est alors dite « de protection » et est concernée par la norme NF EN ISO 20346.

4.2. Semelle anti-dérapante

Elément fondamental de la botte, la semelle anti-dérapante constitue un moyen efficace de protection vis-à-vis des glissades et donc des chutes. La résistance au glissement (identifiable par le coefficient d’adhérence de la semelle) est acquise grâce à une surface portante maximale et à la présence de reliefs ouverts sur les côtés permettant aux liquides et aux solides meubles d’être évacués.

4.3. Semelle anti-perforation

Elle protège le pied contre le risque de perforation du dessous du pied. Il s’agit généralement d’un insert métallique normalisé (symbole de spécification «P») incorporé dans la semelle de la botte. Il résiste à une force statique maximale de 1100 Newton qui correspond à la force développée par une personne de 80 à 90 Kg lors d’une marche.

4.4. Protection latérale

Elle a pour objectif de protéger le pied contre les risques de coupures latérales et de perforations (épines de poissons, torons d’acier, etc.) Cette protection peut être obtenue grâce à un renfort sur la partie basse de la tige de la botte ou par un insert spécifique normalisé (symbole de spécification « CR ») qui offre un haut degré de protection.

4.5. Talon absorbeur d’énergie

Cette propriété est généralement obtenue par la nature des matériaux utilisés mais elle peut également être atteinte avec une géométrie étudiée du semelage. Elle rend la marche plus confortable et la position debout plus supportable. Elle permet aussi d’amortir une énergie de choc d’au moins 20 joules, lors de sauts ou de chutes limitant ainsi les risques de fractures ou d’entorses de la cheville.

4.6. Et aussi…

4.6.1. Semelage isolant contre le froid

Ces modèles possèdent une isolation thermique, inamovible de la semelle, protégeant contre le froid. Dans une ambiance à -17°C, la température du pied à l’intérieur de la botte de protection (température de référence de + 23°C) ne doit pas chuter de plus de 10°C au bout d’une demi-heure. Le port de chaussons ou de surchaussettes peut améliorer l’isolation apportée par la botte.

4.6.2. Poids

À titre indicatif, un poids de 1,4 Kg correspond à une limite d’acceptabilité pour une paire de chaussures basses.